mardi 26 juin 2012

TTélégramme de TTel Aviv

Les Toqués retrouvent le Nord.
Stop.
Changement de programme : J-7 avant embarquement.
Stop.
Préparez merguez, ventrèche, calendos et pinard.
Stop.

lundi 25 juin 2012

Le 6eme shabbat




Comptons comme Rachel :

1er shabbat : Sur les rives du lac de Tiberiade
2nd : au kibbutz Gaddot avec les S.
3ème : dans le Negev
4ème : à Jerusalem chez La famille B.
5ème : retour au kibbutz avec nos S. préférés.
6ème : à Césarée.

Césarée est un très beau site, notamment en raison de sa situation,
sur les rives de la Mediterranée. Hérode a construit la cité qui a
ensuite été reprise par les romains puis les juifs puis les musulmans
puis les byzantins, de quoi s'y perdre, chacun transformant le temple
en synagogue, mosquée ou église et laissant derrière eux des ruines
assez bien conservées malgré les guerres et les catastrophes
naturelles.
Forts de notre expérience du shabbat, (et du sabba depuis... 5 mois)
nous nous sommes planqués sur le parking, juste devant l'antique
cité, attendant que les honnêtes travailleurs repartent au turbin et
nous laissent la place, et la plage surtout, libres.
Avant Césarée nous avons visité Safed, ville mystique et ville des
artistes, charmante mais dangereuse car à chaque coin de rue on manque
de se faire piétiner par un des groupes d'adolescents américains qui
arpentent le pays. Puis nous avons passé une nuit à Nazareth. C'est
la plus grande ville arabe d'Israël, à l'architecture mochissime,
mais la Basilique de l'annonciation, moderne, est simple et belle.
Nous avons pu aussi visiter le "centre international de Marie", très
bien situé et qui offre une belle vue sur la ville. L'architecture du
lieu est intéressante, la communauté qui l'occupe accueillante et
chaleureuse. Ils proposent un parcours multimédia techniquement
intéressant, gaspard a apprécié les differentes salles, les effets
spéciaux, mais historiquement et religieusement un peu (très) au ras
des pâquerettes. Toutefois le lieu vaut le détour ne serait-ce que
pour discuter avec ceux qui y vivent et le font vivre et nous ont
offert une visite privée alors qu'ils étaient fermés pour entretien
et mises au point techniques.
Finalement c'est surtout le simple fait d'être à Nazareth qui nous a
plu. Et le grand concours entre clochers et minarets à la nuit tombée
vaut le détour.
Nous sommes maintenant à Rosh Hanikra, tout au Nord d'Israël, à la
frontière libanaise. Nous avons investi dans l'indispensable mini-
barbecue dont le monde arabe (et juif) semble muni, et nous visitons
les environs tout en bouclant les programmes scolaires ou cahiers de
vacances, et en organisant à distance notre retour à la vie sinon
normale du moins biarrotte.
Shabbat shabbat chabada, mais vous rentrez quand les Toqués ?
Nous rentrons... Bientôt.
Nous n'avons jamais été aussi proches du retour.
Nous tâchons actuellement de vider nos placards, de venir à bout de
nos réserves de conserves, nous commençons tous à imaginer avec
plaisir cette nouvelle aventure que sera le retour à la case départ.
Et nous rentrons par la mer. L'ultime aventure de notre grande
aventure va se dérouler durant une semaine à dix jours, à bord d'un
cargo qui va nous permettre de rallier Israël à l'Italie du Nord. Le
Toqcar sera bien rangé entre des containers et autres marchandises, et
nous occuperons 3 des 6 cabines qu'offre notre navire. Durant 7 à 10
jours nous prendrons nos repas au mess des officiers et vivrons au gré
des escales qui nous permettront peut-être de toucher du pied la
Turquie, la Slovenie et autres ports européens.
Logés, nourris, blanchis durant une bonne semaine, je peux vous dire
que l'équipe d'intendance du Toqcar s'en réjouit pleinement !
Mais voilà, notre navire n'est pas un navire de croisière et le fret
est capricieux. Nous avions demandé un départ au cours de la
première semaine de juillet. Il y a quelques temps on nous
l'annonçait pour fin juin à Haifa. Désormais il est programmé le 10
juillet à Ashdod. Je pressens des changements jusqu'à
l'embarquement...
Alors voilà, nous rentrons c'est sûr. Très bientôt c'est certain.
Quant à vous donner une date exacte, je crois que ce sera une surprise
pour tous !
Après une année,  nous ne sommes plus à un jour près.
Plus que 2 shabbat avant notre embarquement, franchement, c'est pas la
mer à boire (ou à traverser) !

mercredi 20 juin 2012

Le véritable voyage d'Ulysse


Nous sommes de retour au kibboutz, chez les archéologues qui ont énormément avancé en notre absence et je laisse Ulysse vous raconter un peu ce qu'ils fabriquent ici. (papa clique sur le lien)

Je me contenterai simplement de remercier la diplomatie française, le CNRS, les étudiants danseurs et L.B.

mardi 12 juin 2012

Syndromes de Jerusalem

Depuis que nous sommes dans la ville Sainte, nous sommes touchés par plusieurs syndromes. Après une toux nocturne terrible de Léon, un épisode fiévreux de Gaspard, un énorme rhume d'Ulysse, une rage de dent pour moi-même et un virus intestinal de Rachel (toujours très agréable dans le camping-car...), nous manquons un peu de sommeil. Mais nos troupes courageuses ne sont pas prêtes pour si peu à renoncer à visiter la ville, d'autant que nous pouvons aussi nous reposer chez nos amis amateurs de cailloux et d'os chez lesquels nous établissons nos quartiers l'après-midi pour faire la sieste, un peu d'école, bouquiner, surfer et reprendre des forces pour le lendemain.
Mais pour le moment, aucun d'entre nous n'a été atteint du vrai syndrome de Jerusalem. Effectivement chaque année une centaine de personnes ressent ce syndrome et une quarantaine est hospitalisée dans un service spécial. Il s'agit tout simplement d'un élan mystique qui fait perdre toute raison durant quelques jours. Ce syndrome se manifeste par une empathie excessive avec les lieux saints, les symptômes les plus fréquents sont l'obsession de se purifier le corps, la confection de toges à partir de draps, la déclamation de passages de la Bible et de chants religieux, des hallucinations...En général les patients s'identifient avec des personnages de la Bible ou se sentent investis d'une mission divine (ce qui pose parfois problème lorsque plusieurs messies se trouvent en présence les uns des autres). En général au bout de quelques jours les patients récupèrent le sens des réalités. Ce syndrome touche surtout les juifs puis les chrétiens.
Aucun Toqué n'a été touché à ce jour, même si Xtophe lui-même reconnait que l'atmosphère des lieux saints pousse à l'élan mystique. Notre Gaspard, lui, fait surtout une fixation sur la kippa, qu'il rêve de porter en permanence depuis qu'il en a porté une au mur des lamentations.Vendredi nous étions invités dans une famille franco-israelienne pour le dîner de shabbat. En arrivant là-bas, il s'est écrié : "Mais pourquoi tu ne me laisses pas porter ma kippa, regarde, tout le monde en a une !". Heureusement Daniel lui en a prêté une qu'il a pu porter non seulement pour la prière mais pour toute la soirée, il a même repéré son modèle préféré qu'il s'est empressé de s'offrir ensuite. Nous avons d'ailleurs passé une excellente soirée, avons appris beaucoup de choses sur Israël, le judaisme, nous sommes régalés, en plus de découvrir l'atmosphère particulière du shabbat dont je vous reparlerai. Nous avons réexpliqué à Gaspard qu'il n'est pas juif et donc ne peut porter la kippa en permanence. Et hier, en descendant dans la rue, regardant autour de lui, soudainement, il a été pris d'une illumination : "Mais mais mais... ils ont tous des kippas... mais... ils sont tous juifs ici ou quoi ???". A chacun ses révélations, chacun à son rythme, c'est ça aussi le voyage !

vendredi 8 juin 2012

O Jerusalem !

La vieille ville de Jérusalem est une merveille.
Mélange des peuples, des religions, ruelles grouillant de ceux qui y vivent réellement, chants des pèlerins, air hébété des illuminés, il y a ceux qui prient à genoux, ceux qui prient en silence, ceux qui chantent, dansent, ceux qui embrassent les reliques et cailloux et touchent à tout comme pour s'en imprégner un peu plus. Dans la même matinée nous sommes passés du quartier musulman, au mur des lamentations puis à la Basilique du Saint Sépulchre. Le détecteur de métaux est agréé pour Shabat, les garçons ont adopté la kipa pour aller se lamenter (et comme l'a remarqué Rachel qui n'est pas ma fille pour rien, vu la taille de l'espace pour les hommes et celle de l'espace pour les femmes, les hommes se lamentent beaucoup beaucoup plus), puis comme l'esplanade des mosquées est fermée le vendredi, nous avons fait des prières sur les lieux de la passion du Christ, toujours séduits par l'atmosphère de ces églises.
Et quand on se promène ainsi dans la ville sainte, lieu de convergence des trois religions monothéistes, lorsqu'on prend le temps de savourer la diversité des pèlerins, des habitants et des badauds, on ne peut s'empêcher de penser que malgré les horreurs et les affrontements, la religion pousse aussi les hommes vers le haut et leur fait accomplir de grandes choses.
Il nous faudra bien une semaine pour savourer pleinement cette atmosphère et ces lieux, et pour profiter de ceux que notre voyage nous fait rencontrer et qui nous aident à mieux découvrir leur pays et leurs traditions. Shabat Shalom !

jeudi 7 juin 2012

Territoires

Je pense que ce message est le plus difficile à écrire pour moi. Parce que les choses sont très compliquées et nous dépassent largement, parce que je ne veux pas blesser nos amis israéliens mais que je ne peux pas taire nos interrogations et que nous voyageons aussi pour voir le monde dans tous ses aspects, l'histoire dans toute sa complexité.
Nous nous emmêlons.
Il y a 11 mois, nous avons commencé notre voyage en Allemagne, en suivant le mur de Berlin. Nous avons ensuite visité Auschwitz et Birkenau, avons pleuré face à l'horreur humaine. Et aujourd'hui nous voici en Israël, pays né à cause de cette horreur, pays magnifique, terre sainte. Il y a toujours une cohérence dans le monde et l'histoire, et dans notre voyage. Mais il y a surtout beaucoup d'absurdité dans tout cela et nous ne comprenons pas. Parce que c'est incompréhensible. C'est pour cela que j'ai tant de mal à mettre mes idées en place et à écrire un texte cohérent.
Hier, nous sommes allés visiter Hébron. Terre disputée en territoire palestinien. En Israël, on dit "les territoires", c'est plus simple, ça évite de préciser ce qu'on entend par là. Depuis 11 mois nous demandons à nos enfants de dire bonjour aux gens dans leur langue. Là nous leur avons demandé de dire "Hello" quoi qu'il arrive, pour éviter les Shalom ou Salam Aleikoum déplacés, parce que nous-mêmes ne sommes plus très sûrs de ce que nous devons dire.
Et nous nous sommes retrouvés face à des colonies, des camps retranchés, derrières des barbelés. Des portes gardées, des univers israëliens sur les terres palestiniennes, leurs drapeaux, plus grands que jamais, flottant au vent. Puis nous avons visité le tombeau des patriarches après être passés par des contrôles militaires, des portiques détecteurs d'armes. Nous l'avons visité du côté juif. Parce que si les patriarches sont communs aux trois religions monothéistes, musulmans et juifs ne peuvent plus leur rendre hommage ensemble. Pour l'amour de leurs aieux, on sépare les peuples.
Nous avons adoré l'ambiance de recueillement vivant du tombeau, vous vous doutez que les toqués de livres que nous sommes ont immédiatement remarqué et adoré les bibliothèques qui meublent ce lieu saint, voir les juifs plongés dans les livres, discutant, priant en lisant les textes saints. On imagine bien Jésus discutant à la synagogue avant d'envoyer bouler sa mère, ce jeune insolent.
Mais dès que nous sommes sortis du tombeau, la réalité nous est retombée dessus. Les militaires, les drapeaux, les miradors, les barrières, des zones : H1, H2... Nous sommes allés nous perdre dans les vieilles rues d'Hébron, très belle vieille ville, en partie condamnée par les autorités israéliennes. Avant d'entrer dans la vieille ville, des contrôles militaires, et dans la vieille ville, la principale préoccupation des commerçants est de nous expliquer leur situation, leur histoire, de s'assurer que nous étions au courant et que nous parlerions de leur vie. Au sein de la vieille ville, 400 colons israéliens sont installés, protégés par 8000 militaires. Des miradors surveillent les rues, des filets protègent les passants des projectiles. Les mouvements des palestiniens sont limités, des rues, des zones entières leur sont interdites. Et nous imaginons que les colons ne sortent pas de leur périmètre ultra-protégé. Quelle vie pour les uns et les autres... Des observateurs internationaux sont là, regardent, surveillent, écrivent des rapports et tentent, à défaut de pacifier la zone, d'essayer d'y faire respecter un certain ordre... Mais comment parler d'ordre dans tout cela ?
Alors, entre deux lieux saints, on s'interroge.
L'église de la nativité à Bethléem est très belle. Simple, magnifiquement décorée de boules de verre colorées. La grotte de la nativité prête à la rêverie et a fait rêver les petits Toqués. Les pèlerins, de tous horizons, s'y pressent, et le simple fait de se trouver là nous ravit. On fait des prières, on se recueille tous ensemble. Puis on se laisse un peu entraîner dans la culture palestinienne, on retrouve l'hospitalité musulmane, Gaspard et Léon se font de nouveau embrasser, on retrouve quelques repères, on est émus d'être ici, en Judée.
Mais très vite, suivant notre route vers Jérusalem, nous nous heurtons au mur. Un mur immense, atroce, qui nous ramène quelques mois en arrière dans notre voyage, à Berlin, absurdité de l'histoire, folie sans fin des hommes. Comment comprendre ? A quoi rime un mur puisque les territoires palestiniens ne sont pas autonomes, puisque des colonies israéliennes s'y construisent toujours, s'il est symbolique, quel est ce symbole, sommes nous sûrs de vouloir le comprendre d'ailleurs ?
Histoires de cartes et de territoires, de religions, de revanche, de haine, de reproduction du modèle historique, spirale sans fin de la violence et de la guerre. Impossible d'y voir clair, impossible de passer sous silence toutes les souffrances, la misère d'un peuple à qui on refuse une identité et une terre, les infractions aux accords internationaux qui demeurent impunies, les hommes et les femmes et surtout les enfants des deux campx, entraînés dans cette violence, les peurs, impossible d'ignorer ces militaires en arme, ces civils en arme que nous croisons partout et qui me glacent, impossible d'ignorer ces sirènes qui ont retenti, à peine étions-nous arrivés à Jérusalem - exercice au cas où - impossible d'ignorer que cette situation semble désormais normale pour tous ceux qui la vivent depuis toujours.
Lorsqu'une militaire israélienne, à un check-point, est montée dans le camping-car pour visiter, poussant de grands cris : "Oh mon dieu, mais je n'en ai vu que dans des films, il n'y a que dans les films qu'on peut voir ça !", Rachel nous a ensuite dit : "Je n'ai rien répondu, comme vous nous l'avez demandé - pour une fois ndlr -  mais je voulais lui dire que nous aussi il n'y a que dans les films qu'on voit des gens avec des armes comme la sienne !". Veinards que nous sommes de vivre dans un pays en paix, et un pays pacifiste, où le service militaire dure une journée (contre 3 ans pour les garçons et 2 ans pour les filles en Israël, imaginez la formation de l'esprit et de la personnalité à cet âge-là...) et où on ne voit des militaires en arme que dans les gares parisiennes dans les périodes de plan Vigipirate (ou tous les soirs à la TV, ne peut s'empêcher d'ajouter la vieille bique).

Nous poursuivons notre voyage en nous installant pour dix jours au coeur de Jérusalem.
Installés comme des pachas, accueillis comme des rois, difficile de croire que ce pays présente de tels contrastes, mais je crois que nous n'avons pas fini d'être émerveillés et surpris...

samedi 2 juin 2012

Histoires salées



En Israël, nous faisons des choses incroyables : d'abord nous avons
posé nos roues pour la première fois en Palestine. Ou dans les
"territoires" comme on dit ici. Rapidement certes, mais le contraste
avec Israël est saisissant et troublant : comme un autre pays, bien
plus pauvre, plus proche de ceux dont nous venons ces derniers mois,
mais auquel on refuse le droit d'être autre. On ne sait trop qui est
qui quoi comment, si on doit dire Shalom ou Salam alors on dit Hello.
On y reviendra, dans tous les sens du terme. Ce n'était qu'un passage
puisque la mer morte est entourée de barbelés et donc a priori sous
total contrôle israélien, et que nous avions rendez-vous avec nos
amis voyageurs, sur le parking de la plage d'En Gedi, où ils se
liquéfiaient en nous attendant. Nous nous étions quittés deux mois
auparavant, à Dubaï, et étions très heureux de nous retrouver pour
nous raconter les mois passés (et ils sont riches) et partager un bout
de route. C'est avec eux que nous avons fait une découverte
incroyable : nous nous sommes baignés dans la Mer Morte. Quelles
sensations ! Quelle rigolade ! On se retrouve vraiment dans une sorte
d'huile qui nous transporte nous soulève. On se retrouve à se
contorsionner pour passer du ventre sur le dos sans pouvoir enfoncer
les fesses dans l'eau, on avance comme dans une masse étonnante et
résistante, on flotte quoi qu'il arrive. Passés les premiers moments
difficiles pour les enfants car il ne faut surtout pas éclabousser,
surtout pas se mouiller les yeux, et que ça pique beaucoup, on ne peut
plus en sortir. Et on se retrouve nous aussi comme des enfants,
émerveillés par ce nouvel élément.
Marine et moi avons même bravé les concrétions de sel pour trouver
le gisement de boue miraculeuse, dont nous nous sommes enduites de la
tête aux pieds. Nous ne savons pas si notre peau s'en trouve vraiment
rajeunie, mais nous avons ri comme des baleines dans nos nouvelles
allures de phoques flottants.
Le lendemain, en guise de récompense d'une belle randonnée dans le
wadi David, avec une vue superbe sur la Mer Morte, nous nous sommes
offert d'autres baignades, dans des piscines naturelles qui se vident
vite de tout baigneur lorsqu'on débarque avec nos 7 plongeurs-
chanteurs.
Puis nous avons vécu un de ces moments surréalistes que seul un tel
voyage peut nous offrir. Nous étant garés sur le parking au pied de
Massada, la célèbre et monumentale forteresse d'Hérode dans laquelle
les juifs avaient résisté une année face aux Romains avant de tous
se tuer afin d'éviter de tomber aux mains de leurs ennemis, nous nous
sommes fait chasser chasser à notre tour par un gardien désagréable
au possible. Réfugiés un peu plus loin, nous avions une vue splendide
sur l'ancienne forteresse éclairée. Nous avions trouvé place non
loin d'un opéra en plein air, construit dans ce lieu désertique pour
une représentation de Carmen, une semaine plus tard.
Les balances des ténors et cantatrices nous offrant ces airs superbes
et résonnant dans la nuit de ce lieu mythique  auraient eu de quoi
nous charmer... si nous n'avions été également survolés toute la
nuit par des avions de chasse nous rasant et envahissant l'espace
sonore de leur bruit terrifiant. Si l'on ajoute à cela le groupe qui
s'est installé à côté de nous et nous a réveillés au son de la
techno à 5h du matin, on aurait pu croire que Massada nous
résisterait. Mais non. Vaillamment nous avons gravi la pente
vertigineuse, afin de mériter ce site que visitent tous les Israéliens,
devenu un tel symbole que certaines forces armées du pays
viennent y prêter serment "Massada ne tombera pas !". Face à la
Jordanie, à la Mer Morte, à la Palestine... Mise en abîme
interminable d'une histoire toujours guerrière...
Notre caravane a ensuite fui la chaleur étouffante et est passée au
dessus du niveau de la mer, retrouvant une fraîcheur bienvenue dans
les cratères immenses d'anciens volcans (la géographie n'est pas à
un paradoxe près et si on ne perd pas le Nord, on perd parfois notre
altitude). Entre les parcs naturels, les zones militaires, les champs
de tir, nous allions nos forces et notre expérience pour trouver des
bivouacs discrets dont on ne nous délogera pas trop vite. Nous
admirons des paysages grandioses, et des objets volants nombreux et
exotiques : hélicoptères, dirigeables and co.
Et pour ce Shabat, veille de la fête des mères, nous organisons un
événement mondain pour la communauté francophone du Néguev : une
grande soirée déguisée !

lundi 28 mai 2012

Les Toqués kibboutzniks


Nous qui avons visité tant de sites magnifiques, qui nous promenons dans les civilisations, les ruines et les musées, il était temps que nous découvrions un peu les dessous de ces histoires et ceux qui creusent, dépiautent, analysent et mettent à jour notre histoire : les archéologues. Je vous préviens de suite, ces gens-là sont fous, ils font un travail de fourmis et de titans à la fois.
Accueillis par la très célèbre archéologue française Fanny B.S. de Biarritz, amie de... 30 ans (non maman, je ne me suis pas trompée dans mon calcul...), nous avons eu la chance de bénéficier d'entrées VIP sur le site du village néolithique de Beisamoun, au nord du lac de Tibériade. Tous les ans, Fanny et son équipe (13 étudiants français, belges, américains, espagnols cette année) viennent fouiller durant 5 semaines afin de mettre à jour les secrets d'une période de la préhistoire encore très mystérieuse. (Gaspard spontanément appelle cela "enquêter" et il n'a pas tort, c'est une immense enquête) Je ne vous raconterai pas les détails de leur travail parce que Ulysse, qui rêve depuis des années d'être archéologue et a pleinement profité de cette aubaine pour s'incruster dans l'équipe, veut le faire lui-même. (Et dans les grandes nouvelles, sachez que le blog d'Ulysse est de nouveau à jour !!!)  Deux petites anecdotes toutefois : notre Léon a employé à cette occasion ses premiers "pourquoi". Après avoir observé longuement le chantier, en avoir fait le tour avec nous, il nous a interrogés, héberlué : "Pourquoi prennent les cailloux ???" "Pourquoi enlèvent les cailloux ???" "Pourquoi prennent les cailloux ???" Je pense qu'il ne s'en est pas remis, je vous disais qu'effectivement ces gens-là faisaient un travail de toqués... Et en partant, Gaspard, toujours aussi nuancé, s'est écrié : "On n'a jamais rien fait d'aussi cool !". Vous l'avez compris, c'est passionnant pour nous tous, nous avons appris énormément de choses et nous reviendrons à la fin du chantier pour voir l'évolution du site et le premier bilan.
Durant les fouilles, Fanny et son équipe logent au kibboutz Gadot, où nous nous sommes installés, expérience indispensable en Israël. En plus tous les week-end le célèbre mari de la célèbre archéologue, privé de fouilles cette année pour cause de travail à terminer à Jérusalem, la rejoint avec leur enfants et nous avons pu tous ensemble fêter Shavouot, fête religieuse juive, fête des récoltes qui donne lieu à une grande fête pour les enfants le dimanche dans tous les kibboutz.
Mais alors, à quoi ça ressemble vraiment un kibboutz ? Nous n'en sommes qu'au début de notre enquête et de notre découverte, et nous vous en dirons plus dans quelques semaines. Nous pouvons toujours vous livrer nos premières impressions et informations concernant le kibboutz Gadot.
Un kibboutz est un village fermé, ici de 250 habitants, qui en général a développé une activité principale (souvent l'agriculture, qui a cédé la place ici à une usine de plastique) L'architecture est plutôt moche, les maisons sont faites en béton armé et de bric et de broc mais la végétation luxuriante l'atmosphère de vacances la fait oublier. Les kibboutz fonctionnaient autrefois totalement sur un système communiste, non marxiste mais inspiré de Tolstoi. ( Vous voyez que les étapes de notre voyage sont terriblement imbriquées) Tous les revenus étaient mis en commun, et aucun argent ne circulait dans le kibboutz où tout était gratuit. Les repas étaient servis au réfectoire, un parc de voitures était à disposition des kiboutzniks (je manie mal le pluriel et la grammaire hébraiques excusez m'en). L'idéalisme de l'égalitarisme était poussé à son paroxysme avec l'éducation des enfants hors des familles : dès la naissance ils étaient déposés à la pouponnière et ne voyaient leurs parents qu'une heure le soir... Le kibboutz payait les études des enfants.
A priori plus aucun ou plus beaucoup (nous devons creuser la question) de Kibboutz fonctionnent ainsi, ils ont dû évidemment faire preuve à la réalité et à l'impossibilité de vivre ainsi en circuit clos. Désormais chacun garde ses enfants (alleluia), ses revenus, paye un loyer, paye ses courses au magasin central et ses repas au réfectoire (il pleure dans mon coeur d'idéaliste...). Il semblerait que les kibboutzims aient été divisés en "lots" divisés entre les kibboutzniks. Mais le lieu demeure particulier et un certain état d'esprit demeure. Tout d'abord les voitures ne circulent pas dans le kibboutz : des parkings sont aménagés tout autour du village, et seuls de petits véhicules, pour la plupart électriques, circulent à l'intérieur pour les personnes âgées ou les employés du kibboutz qui se déplacent beaucoup. Un parc de voitures de location demeure à disposition des habitants. Une belle piscine est accessible à tous, ainsi que de nombreuses aires de jeux pour les enfants, sans parler de toutes les pelouses, forêts, abris anti-aériens transformés en salles de musique, en pub, et qui font des cabanes formidables pour les petits toqués. Ensuite le réfectoire fonctionne toujours, le midi surtout pour ceux qui travaillent à l'usine, mais aussi tous ceux qui veulent, le soir uniquement s'il y a des groupes de touristes (surtout des jeunes américains qu'on essaie de convaincre de venir vivre en Israël) qui logent alors dans le BandB du kibboutz, et surtout le vendredi soir pour le dîner de Shabat. Là une grande partie du kibboutz se retrouve en famille pour venir prendre ce repas en commun. Ensuite un café est offert en bas, et tout le monde peut ainsi se rencontrer, papoter. Ceux qui nous connaissent et connaissent nos rêves de cantine des familles se douteront que nous avons adoré le concept et en rêvons pour le dimanche midi. En ce week-end de fête, toutes les familles étaient réunies, les jeunes reviennent, ceux qui en ont besoin se voient octroyer des piaules et maisonnettes pour l'occasion. La fête en elle-même ressemble un peu à une fête de village avec son lot de discours (en hébreu on n'a pas tout suivi mais ça parlait beaucoup de récoltes, d'Israël et de la bible), de danses plus ou moins réussies et plus ou moins de bon goût des enfants et des adultes, de chants, poèmes, de la présentation des bébés de l'année coiffés de leur couronne de fleurs. La fête des enfants vaut le détour. Sponsorisée par l'usine du kibboutz, elle leur offre des attractions qui font rêver les scouts qui ne sommeillent pas en nous mais qui feraient frémir toutes les commissions de sécurité de notre douce France. Gaspard a fait honneur au buffet royal (barbapapa, pop-corn, glaces, boissons, hamburgers et hot-dogs à volonté), la musique, trop forte et trop folklorique, avait parfois des accents de chants basques. Le bon côté c'est que tout le monde parle anglais, et que puisqu'il n'y a pas de voitures et que tout le monde connaît tout le monde, les enfants sont totalement libres et peuvent vivre leur vie. Le kibboutz a pour nous des allures de village-vacances avec cette dimension historique et politique passionnante. Evidemment,comme pour tout en Israël, la réalité est complexe, les enjeux idéalistes des kibboutz se sont mêlés et emmêlés avec d'autres enjeux politiques et nous aurons l'occasion d'en reparler. Mais ils ont su s'adapter et s'ouvrir, même si les barbelés sont toujours là, si le portail se ferme toujours la nuit.
En tous cas, entre la découverte de l'archéologie, celle du kibboutz, les moments passés avec nos amis qui nous ont gâtés, régalés de champagne, de foie gras et de boudin délicieux (du BOUDIN !!!), nous ne voyons pas le temps passer. Nous reviendrons dans quelques semaines mais désormais nous sommes attendus par d'autres amis voyageurs sur les rives de la Mer Morte.

jeudi 24 mai 2012

Les Toqués en Galilée


Le 16 mai, nous nous sommes présentés tôt au poste de frontière,
finalement timidement indiqué en tant que "Jordan Border". Côté
jordanien les formalités n'ont pas été compliquées mais plutôt
coûteuses et les employés n'ont pas fait de zèle pour nous expliquer
les choses. Fatigués et pas sûrs d'avoir compris grand chose nous
avons décidé de faire les choses simplement et qu'à Dieu (lui qui
pose tant de problèmes dans la région et à cette frontière en
particulier) ne tienne nous avons fait tamponner nos passeports.
Après la dernière barrière, enfin un timide panneau "Israël" nous a
confirmé que nous ne nous étions pas trompé de direction. Ouffff.
Le look des douaniers aussi nous l'a confirmé. Ou plutôt nous nous
sommes d'abord demandé si nous n'étions pas sur le tournage d'une
série du style : "Les experts Tel-Aviv" ou "Top Model GI Israël".
Impressionnant : les militaires ont 20 ans de moyenne d'âge, des
minettes crinières au vent et Ray-Ban sur le nez dans des tenues qui
mettent en valeur leurs armes (fatales), des kékés des plages en
tenue de ville flashy, mitraillette en bandoulière, tous munis de
talkies, de micros dernier-cri et autres accessoires de guerre ultra
fashion. Impressionnants, folklo en diable, mais charmants au
demeurant. Même si l'idée de tous ces ados armés fiche la trouille
à celle qui sait qu'on n'est pas sérieux quand on a 18-21 ans.
Bref. Nous étions prêts à un parcours du combattant nous aussi,
armés de nos sourires et de notre politesse. Premières questions sur
notre voyage, nos intentions, vérifications d'identité, questions
d'usage sur nos armes éventuelles (et rigolade des mini-GI face aux
fusils en bois des enfants).
On nous explique très courtoisement que nous allons devoir vider
intégralement notre Toqcar. Aïe. Mais nous y étions prêts et
répondons avec notre patience et notre diplomatie inhabituels,
endossés pour une situation exceptionnelle. On nous fait passer d'un
poste de contrôle à un autre, calmement, de façon extrêmement
organisée et nous on tremble de peur de se tromper de route, de lieu,
d'interlocuteur. Nous passons d'un bébé-militaire à un autre. Mais
malgré tout l'ambiance est bonne-enfant. Au moment d'obtenir le visa
gratuit de trois mois, gros interrogatoire. Nous n'avons pas eu à
mentir, les questions nous ont été bien posées. Notamment on nous a
demandé dans quels pays arabes nous étions passés (or l'Iran n'est
pas un pays arabe). On nous a demandé si nous comptions aller dans les
territoires occupés comme Gaza (or non nous ne comptons pas aller à
Gaza justement et personne n'a pas mentionné les autres). Petit stress
quand on m'a demandé le nom de mon grand-père parce que nos grand-
pères n'ont pas le même nom d'usage et nom de baptême, difficile de
savoir celui qu'ils voulaient. Mais le grand oral s'est finalement
très bien passé. Ne restait plus que l'épreuve pratique et
périlleuse du scanner du Toqcar. Arrivés devant le bâtiment
indiqué, une mini-minette à mitraillette nous a gentiment dit que
nous devions mettre l'intégralité du contenu du Toqcar sur des
chariots afin d'aller les faire passer sur le tapis du scanner. Vous
imaginez le défi après 10 mois et des miettes (et du sable et de la
poussière et des souvenirs) de voyage. Mais, forts de notre toute
nouvelle sagesse toute de circonstance, conservant nos sourires
désarmants, nous avons posé notre progéniture à l'ombre et avons
établi notre plan de combat. A Xtophe la soute et à moi les placards
pour commencer. Mais soudainement les talkies-walkies se sont mis à
grésiller. On m'a demandé d'entrer dans le bâtiment avec les
enfants, j'ai fait passer mon sac à main sur le tapis. On m'a demandé
d'attendre. Et finalement après quelques questions supplémentaires et
un simple coup d’œil d'une cheftaine, pardon d'une gradée, dans
l'habitacle, Xtophe nous a rejoints : nous étions exemptés de
fouille ! Le temps de faire un papier pour le camping-car et nous
étions en Israël. Simple comme Shalom !
Depuis nous tournons autour du lac de Tiberiade, posons nos pieds dans
ceux de Jésus, de ses apôtres, et de tous ceux qui sont passés en
Terre sainte. Je peux faire prendre l'air à mes jambons, non pardon à
mes jambes, nous discutons (mais évitons les sujets à controverse)
avec les israéliens qui sont globalement jeunes, sympas et
polyglottes. Nous nous réhabituons à voir des femmes partout,
découvrons de nouveaux styles vestimentaires et religieux, ne nous
habituons pas aux militaires armés et à l’omniprésence militaire.
Pour le moment nous arpentons la Galilée la haute Galilée et le
Golan. La difficulté demeure de trouver des bivouacs en dehors des
terrains de camping, car le pays est entièrement quadrillé de parcs
naturels (clos et très règlementés, même s'il est assez étonnant
pour nous de voir qu'une partie est dédiée aux tirs ou exercices
militaires, ce qui nous vaut quelques frayeurs la nuit, à croire qu'en
Israël ce qui est militaire est naturel...), de kibboutz (clos),
d'exploitations agricoles (closes), de champs de mines (clos,
heureusement !).
La nature est magnifique et riche (et on comprend pourquoi Israël a
pris le Golan...), le croisement de toutes les cultures, de tous les
lieux saints extrêmement émouvant, nous apprivoisons petit à petit
l'histoire pleine de bruit et de fureurs de cette région du monde,
nous étonnons nous émerveillons et nous horrifions, nous testons tous
les houmous possibles et le vin du coin. Et surtout nous nous
réjouissons de retrouver ma (très) vieille amie archéologue,
installée avec sa famille à Jérusalem depuis septembre, qui dirige un
chantier de fouilles dans le coin et grâce à qui nous allons nous
replonger dans la Préhistoire et nous plonger déjà dans des
retrouvailles amicales et familiales dont nous avons besoin et que
nous commençons à attendre avec impatience.

PS : dernières photos en ligne !

vendredi 18 mai 2012

Toqués d'Histoire


Depuis quelques jours nous avons l'impression d'être dans une grande
machine à remonter le temps. Sillonnant la terrible route du Roi qui
franchit des dénivelés à faire mourir de peur une Toquée, passant
en un rien de temps de températures délicieuses dans les hauteurs à
des chaleurs suffocantes au niveau de la Mer Morte (-400 m) ou du
Jourdain, nous roulons de châteaux de croisés en châteaux de
Saladin. Ces explorations ne sont pas sans surprises au goût des
enfants, du genre passages secrets obscurs et interminables,
catacombes et geôles. Nous avons également contemplé la terre promise
au Mont Nebo, comme Moise, sommes allés nous recueillir au site du
baptême de Jésus où nous avons même osé toucher le Jourdain (nous
espérons qu'il était plus clair il y a 2000 ans). Le plus
impressionnant dans ce lieu c'est que de l'autre côté du Jourdain, à
4 mètres, des pèlerins viennent chanter, se faire baptiser et se
plonger dans le Jourdain mais... côté palestinien (ou israélien). Du
coup nous nous regardons, des deux côtés de cette frontière
naturelle et sainte, encadrés par des gardes en arme, chacun sous
notre drapeau... Étonnamment, c'est Gaspard qui a été le plus ému par
le lieu, se mettant à chanter un cantique, c'est un grand mystique,
notre bulldozer !
Voulant sortir des sentiers battus et cherchant le moyen d'apprécier
ce pays qui nous déçoit, nous sommes aussi allés visiter les
châteaux du désert, vers les frontières de l'Irak et de l'Arabie
Saoudite. Sous une tempête de sable, dans une zone désertée et
glauque, peuplée de sacs en plastiques et de tentes de bédouins
rapiécées (l'inconséquence des hommes ayant asséché la plus grande
zone humide du pays), après nous être heurtés à la porte d'un parc
naturel fermé, à l'entrée d'un château introuvable, à un policier
ivre, à un hôtelier désagréable, nous avons eu la bonne surprise de
tomber sur une équipe italienne restaurant les fresques superbes et
rares du Qusayr Amra.
Mais c'est sans doute la cité romaine de Jerash, au Nord de la
Jordanie, qui nous aura le plus séduits. Rarement nous avons visité
un site dans un tel état de conservation. En plus les ruines sont au
milieu de la ville actuelle, ce que nous apprécions toujours, et il
est finalement peu fréquenté.
Nous terminons notre voyage en Jordanie à Umm Qais, l'ancienne Gadara,
à la pointe Nord Ouest du pays. Entre les colonnes en basalte noire,
cette cité romaine bien moins entretenue et restaurée que celle de
Jerash jouxte un village abandonné de la période ottomane et offre
surtout une vue imprenable sur la Syrie, le lac de Tiberiade et le
plateau du Golan. La majorité des jordaniens, d'origine palestinienne,
viennent ici admirer leur ancienne patrie. Dans ce site, désert en
journée, nous nous sommes offerts un dernier festin jordanien dans un
restaurant avec vue sur la mer de Galilée (Tiberiade), mezze et bière
non islamique (merci mon Dieu) au menu.
Nous comptions passer un mois en Jordanie, nous n'y serons restés que
deux semaines. Pour la première fois depuis le début de notre voyage
nous n'avons pas réussi à nous poser, comme nous aimons le faire, et
chaque jour, la petite taille du pays aidant, nous avons été poussés
plus loin. Trouvant difficilement des bivouacs calmes ou agréables (et
gratuits ou peu chers), nous n'avons pas non plus pu entrer
véritablement en contact avec les jordaniens, n'avons pas pu vraiment
discuter au delà des sourires et des salamaleks d'usage (ou des
beuglements des bandes de jeunes). Ce pays vaut le détour, il possède
des richesses naturelles et historiques incroyables et se prête
parfaitement à des vacances d'une ou deux semaines, mais pas à notre
mode de voyage. C'est la première fois que nous quittons un pays sans
regret, et même avec plaisir.
Où allons-nous maintenant ?
Difficile de vous répondre, parce que selon qui vous êtes, nous
adapterons notre réponse, comme nous le faisons depuis quelques temps
et allons devons le faire avec beaucoup de diplomatie dans les
semaines à venir. Nous allons dans une région du monde extraordinaire
et terrible.
Pour commencer nous allons essayer d'en trouver le chemin puisque si
en Jordanie tous les pays avoisinants sont indiqués sur les panneaux
de signalisation 150 km avant leur frontière, celui-là n'apparaît
nulle-part. Ensuite nous allons poursuivre notre voyage dans
l'Histoire et le temps... parce qu'il commence à nous être compté.